Rechercher
  • Bapt

On a gravi le Volcan Misti (5822m) !

Mis à jour : avr. 8



Prix : 280 Soles (Environ 70€)

Durée : 2 jours

Difficulté : Peu technique mais physiquement difficile

Agence : Apukuna Travel


C'est un mythe, un monument des volcans péruviens. Un des plus hauts volcans du monde toujours en activité qui domine, avec le Chachani (6097m), la ville d'Arequipa. Majestueux et intimidant, ce volcan m'a tout de suite ensorcelé. Dès notre arrivée dans la ville, j'ai voulu y monter. Chaque jour passé à l'observer depuis la ville me motivait encore plus. Cependant, d'aspect plutôt simple et rapide à gravir, ce volcan est très difficile car les conditions sont rudes et la pente de son flanc très raide. Initialement, je songeais à y monter seul avec mon propre matériel. Mais après en avoir parlé avec certains amis péruviens, je me rendais compte que l'ascension sans aucune organisation ni connaissance du terrain serait très compliquée et dangereuse.


Nous rencontrons Roberto, un guide et accompagnateur originaire d'Arequipa, lors d'une soirée au bar Mono Blanco. Ce bar accueillait un groupe de musique rock et l'ambiance était tout à fait différente de celle de l'Université ou des autres bars. J'échange beaucoup avec Roberto lors de cette soirée et lui fait part de mon envie de monter au Misti. Sur ses conseils et après avoir négocié le prix d'une expédition, nous formons un groupe de 9.


Roberto, guide de l'agence Apukuna nous donne rendez-vous à 10h du matin devant son agence au centre d'Arequipa. Après 1h30 de 4x4, on arrive au point de départ. Chacun se réparti les affaires de camping (duvets, matelas, tente..). On part chacun avec 5L d’eau pour en avoir suffisamment pour la cuisine du soir et du lendemain. Un des guides se charge de monter la bonbonne de gaz et la cuisinière ce qui représente environ 10kg de matériel en plus des autres affaires.


On entame la première partie de la randonnée jusqu’au bivouac, il fait assez chaud, le soleil tape fort et il n’y a pas d’arbres pour faire de l’ombre. Pas de petit ruisseau pour se rafraîchir la tête non plus, le terrain est très aride. On fait des pauses toutes les 30min pour boire et on mange à chaque heure de marche. Il est indispensable de marcher lentement et à un rythme régulier. D'après les indications de nos guides, on devrait atteindre le bivouac en 4-5h de marche. Finalement en montant à un bon rythme, on rejoint le camp vers 14h30 après 3h de marche (pauses incluses). Chacun monte à son rythme et certains puisent déjà dans leur ressources, tant physiques que morales pour rallier le bivouac.

La vue depuis le bivouac est somptueuse. On profite d'une vue dégagée sur le Pichu Pichu et le Chachani, deux autres volcans autour d’Arequipa. Le campement étant situé à environ 4300m d'altitude, on se retrouve au-dessus de la couche de pollution qui stagne au-dessus d'Arequipa.


Après avoir attendu tout le monde, on monte les tentes et on commence à profiter du coucher de soleil. Il n’est que 17h30 mais le soleil commence déjà à se cacher à l'ouest, derrière le Chachani. Par chance, il n’y a absolument aucun nuage, ni à proximité ni au loin, et il n’y a pas beaucoup de vent non plus, ça permet de ne pas avoir trop froid ! Certains commencent déjà à ressentir les effets de l'altitude, mal de tête, mal de ventre, nausées... Cette première journée aura déjà été difficile pour tout le monde mais après un bon repas chaud et un maté de coca, tout le monde est heureux d'être parvenu au bivouac.


Il est 18h30, la ville qui est désormais à nos pieds s'illumine progressivement dans la pénombre. C'est pour nous l'heure du briefing d'organisation pour la journée suivante. Les guides nous informent que le réveil est fixé à 2 heures du matin. Le temps de montée devrait être d'environ 6 heures. Nous n'emporterons que le nécessaire dans nos sac afin de s'alléger au maximum. À 19h30, après avoir profité des scintillements de la ville nous allons tous nous coucher car la nuit est tombée et elle va être très courte pour nous.

Crédit photo : Charly Rousset


Le réveil sonne à 2 heures du matin. Les guides viennent s'assurer que chacun d'entre nous est éveillé et nous ont préparé un bon maté de coca bien chaud. De mon coté, je n'ai pas réussi à très bien dormir. La nuit était glaciale et les matelas peu confortables. Toute une multitude de pensées me traversent l'esprit et me font tourner en rond. Comment vais-je supporter l'altitude ? Est-ce que la montée va être si difficile ? C'est une toute nouvelle expérience pour moi et l'adrénaline de l'expédition prend le meilleur sur la fatigue. Au final, je réussi à dormir environ 1H30 par intermittence, les plus chanceux dormiront un peu moins de 3 heures. Malgré l'épreuve qui nous attend, on ne déjeune pas, seulement un maté bien sucré, une barre de céréale et nous voilà prêts pour le plus gros morceau d’ascension. Le camp est à 4500m et le sommet a 5822m ce qui nous fait 1300m de dénivelé dans la nuit et le froid.


On démarre sur un rythme très lent imposé par le guide, cette fois ci, pas question de vouloir aller à son rythme si on trouve le rythme du guide trop lent. Il fait assez froid mais avec des bons vêtements on se réchauffe vite en marchant. La vue d’Arequipa est juste splendide, on peut aussi apercevoir la Voie lactée et énormément d’étoiles. Dès les premiers mètres, on sent que la pente s'élève très fortement. Le sentier fait quelques virages mais lors des traversées, la pente est très forte. Dans le noir, difficile de se repérer mais les sensations nous font vite comprendre qu'il va falloir s'accrocher.


Après quelques heures de marche en pleine nuit, le groupe s’est étiré, chacun allant à son rythme. Je monte à un bon rythme avec le guide mais, avec mes chaussures de trail très légères, j’ai très froid aux pieds. Nous commençons à marcher dans la neige et même s'il y en a très peu cela est suffisant pour nous glacer les pieds. Impossible pour moi de m’arrêter car je suis obligé de bouger mes pieds. On commence à apercevoir l’aube au loin. Les premières lueurs du soleil éclairent la vallée et le guide me fait remarquer l’ombre du Misti sur la ville. Cette vue est juste dingue, on se rend pas compte de ça quand on est en ville ! J'ai tout juste le temps de sortir l'appareil photo, capturer cet instant puis vite me remettre en route pour ne pas me refroidir plus.

Je continue à monter un peu plus vite que le guide car je veux arriver au soleil le plus rapidement possible. Cela fait quelques heures que je ne sens plus mes pieds à cause du froid, j'ai tenté de faire une pause à l'abri du vent pour enlever mes chaussures et me frotter les pieds mais sans succès. Je me dis donc qu'une petite pause au soleil me permettra de me réchauffer un peu.


J’arrive au col sous le sommet et m’installe au soleil pour tenter de réchauffer mes pieds, malgré une bonne dizaine de minute à frotter, bouger et protéger mes pieds, je n’arrive que très peu à faire revenir le sang. Je décide donc de repartir avec le guide qui m’a rattrapé, je serre moins mes chaussures mais ça ne sert pas à grand chose, mes pieds sont congelés. Cette petite pause au soleil n'aura pas été très efficace et je me remet en route. Il est 7 heures du matin et nous marchons déjà depuis environ 4 heures trente. J'aperçois désormais l'arrête sommitale et, après 20 minutes de marche très lente, j’arrive enfin à la Croix symbolisant le sommet. Ces 20 minutes ont surement été les plus longues de ma vie ! Entre la fatigue, l’altitude, le froid, la vue et la fierté d’être enfin en haut je suis un peu perdu. L’altitude ne m’a pas trop affecté durant cette montée, j’aurais mis 5h pile pour avaler ces 1300m. Je n’ai pas ressenti de mal de tête ou de ventre. Le temps que tout le reste du groupe arrive au sommet, je réchauffe mes pieds tant bien que mal, je sens que le sang et la sensibilité reviennent un peu mais c’est encore très douloureux.



Après 5 bonnes heures de marche, c'est un paysage presque lunaire que l'on découvre depuis le sommet à 5822m. La vue à 360 est simplement extraordinaire, on voit même la mer. Toutes les montagnes aux alentours sont dégagées et on peut apercevoir les lacs et les Salinas. Le sommet du volcan nous permet de dominer le cratère et on se rend compte très vite de l'immensité du lieu. Le volcan est très imposant et du fait de son activité, il dégage des fumerolles de gaz qui montent jusqu'à 500 mètres de hauteur et qui contiennent de l'acide sulfurique, du carbone et du calcium.


Le temps que tout le monde arrive au sommet, nous profitons de cette incroyable vue et mon ami Charly (@therealcharlyprod) fait décoller son drone depuis le sommet. Ce point de vue aérien est juste incroyable et nous permet d'aller voir de plus près le coeur même du cratère. L'altitude se fait sentir au sommet et je découvre une sensation plutôt étrange. En voulant me reposer un peu au sommet, alors que je somnole, j'ai soudain l'impression de m'étouffer. Cette forme de trouble s'apparente à de l'hypoventilation ou hypoxie du sommeil. Ce trouble du sommeil peut être du à l'altitude et se manifeste par une absorption insuffisante d'oxygène pendant le sommeil. Notre métabolisme entre dans une sorte de veille lorsque l'on s'endort, il consomme donc mois d'oxygène. Mais avec l'altitude, le métabolisme peine à absorber le peu d'oxygène dont il a besoin ce qui créé cette sensation d'étouffement. Le corps humain étant bien fait, dans ce cas la, un sursaut nous sort de cet état et entraine un retour à la normale.

Après avoir pris une photo de groupe au sommet, on se met en route pour redescendre. Mine de rien il fait assez froid et une longue descente nous attend. Pour la descente, nous ne prendrons pas le chemin de la montée. De retour au col, on vire sur notre droite dans un immense couloir de roches pour descendre vers le bivouac. Cette portion offre 1300m de descente en pierrier, et franchement : ça brûle les jambes.



Après avoir bien fait attention à ne pas descendre plus bas que le camp, on le rallie tranquillement en traçant notre propre chemin, au soleil et sans vent. Après une bonne heure de pierrier, le retour sur un chemin classique est particulier et l'on commence à avoir bien mal aux jambes. Au totale, rallier le bivouac nous aura pris environ 1h30, ça parait peu mais avec l'accumulation de la fatigue, le manque de sommeil et l'altitude, c'est assez long !

Retrouver nos guides et le campement nous fait tout de suite oublier les douleurs musculaires. La fin de cette étape marque la fin de la partie la plus dure de l'expédition. Les guides nous ont préparé du pain avec de l’avocat et du fromage, c’est juste parfait quand on a mangé presque que des barres chocolatées depuis 2 jours. On attend au soleil les derniers puis on commence à ranger le camp. Sans traîner on entame la deuxième et dernière partie de la descente. Il fait chaud mais un petit air frais nous rappelle de mettre une veste. Même chose que pour la première partie, on descend en empruntant les éboulis et les couloirs mêlant sable et cendre. Après avoir vidé le sable de nos chaussures et avoir marché une bonne heure sur le chemin de la montée, on arrive enfin au parking. Roberto, qui n'a pas fait toute l'excursion avec nous revient nous chercher au point de ralliement. Petite surprise, il nous a même ramené pour chacun une bonne bière fraiche ! Se rafraichir tous ensemble en contemplant le Misti nous ferait presque oublier la fatigue.


Cette première montée au Misti aura été une belle épreuve pour tout le monde. Quel bonheur d'avoir coché ce sommet ! De mon coté, je suis très content de ne pas avoir eu de problème avec l'altitude. Mentalement, cette expédition nous aura poussé dans nos retranchements et nous laissera un souvenir inoubliable. Une chose est sure, j'y retournerai une seconde fois !


Retrouvez la vidéo du voyage de Charly en cliquant juste ici pour découvrir des images inédites !


#pérou #volcanMisti #drone #dji #expedition #arequipa #randonnée #volcan #voyages #aventures #photographiedevoyage #visitperu #tourismeperou #activitésarequipa

0 vue
  • LinkedIn

©2020 par Baptiste Achard.

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now